Histoire vraie · Nº 02
Ce que je vois dans mon miroir avant un rendez-vous
📖 Histoire vraie, vécue et racontée par moi. Les prénoms et quelques détails sont changés, pour la discrétion de tout le monde.
En deux mots
Vingt minutes avant de partir, en dentelle noire devant mon miroir, il y a toujours ce moment de doute. Puis je me souviens d’un homme qui a dénoué mon peignoir en me disant ce qu’il allait vraiment regarder. Je n’ai plus pensé à ma cicatrice de la nuit.
- Moi36 ans, une cicatrice et des hanches assumées
- Ce que je portaisDentelle noire sous une robe presque sage
- La phrase« Une femme magnifique qui a envie de moi »
- Le lendemainRetour à la maison dans sa chemise
- Température🔥🔥🔥
Sur cette photo en noir et blanc, je suis debout devant le grand miroir de ma chambre, à Lausanne, en soutien-gorge et en string de dentelle noire, ma robe encore à la main. Il me restait vingt minutes avant de partir retrouver un homme que je voyais pour la troisième fois, et je savais très bien comment la soirée allait se terminer. Mon amie Clara, passée me prêter des boucles d’oreilles, a pris la photo par-dessus mon épaule sans que je m’en rende compte. Je souris dessus, mais ce que l’image ne montre pas, c’est ce qui se passait dans ma tête juste avant.
Avant un rendez-vous comme celui-là, il y a d’abord le rituel. Une douche un peu trop chaude, un gommage sur les jambes, puis la crème que je masse longuement sur mes cuisses, mes hanches et mes épaules, jusqu’à ce que ma peau soit douce partout où il risque de poser la main. Une goutte de parfum derrière l’oreille, une autre au creux du décolleté, là où je sais qu’il viendra la chercher. Ensuite, la lingerie : ce soir-là, l’ensemble noir en dentelle, avec des bretelles fines et un string qui ne cache pas grand-chose de mes fesses, et c’est voulu.
Et puis vient le miroir. À 36 ans, mon corps n’est plus celui de mes 25 ans, et dans la lumière de fin de journée, je vois tout. Je vois la petite cicatrice sur mon ventre, juste sous le nombril. Je vois que ma poitrine n’est pas parfaitement symétrique, la gauche ayant toujours été un peu plus généreuse que la droite. Je vois les vergetures pâles sur mes hanches, la petite rondeur au-dessus de l’élastique de mon string, tout ce que les photos retouchées effacent soigneusement.
Certains soirs, le doute arrive à ce moment-là, sans prévenir. Je me retourne pour regarder mes fesses par-dessus mon épaule, je tire sur la dentelle, et je me pose toujours les mêmes questions idiotes : est-ce qu’il va la voir, cette cicatrice ? Est-ce que ça va le refroidir quand ma robe tombera ? Et puis, en général, je me souviens d’un homme et d’une phrase.
C’était il y a deux ans. Je fréquentais un homme qui me plaisait vraiment, un grand brun calme qui travaillait à Vevey, et ce soir-là, chez moi, on savait tous les deux que ce serait notre première nuit. J’étais tellement stressée que j’avais gardé mon peignoir fermé jusqu’au cou, assise au bord du lit, et au lieu de l’embrasser, je lui ai fait la liste de tout ce que je n’aimais pas chez moi. La cicatrice, les hanches, la poitrine pas symétrique : il a tout eu, dans l’ordre. Il m’a écoutée jusqu’au bout sans sourire, puis il s’est accroupi devant moi et a posé ses deux mains sur mes genoux.
Il m’a dit : « Léna, quand j’aurai enfin le droit de te regarder sans ce peignoir, je ne vais pas chercher tes défauts. Je vais voir une femme magnifique qui a envie de moi, et c’est la chose la plus sexy au monde. » Ensuite, il a dénoué la ceinture lentement, sans me quitter des yeux, et le peignoir a glissé de mes épaules. Je ne vais pas vous raconter la suite, mais je n’ai plus pensé à ma cicatrice de toute la nuit, ni à grand-chose d’autre d’ailleurs. Le lendemain, j’avais un suçon juste au-dessus de la hanche, pile sur les vergetures que je lui avais présentées la veille, et je l’ai pris comme une réponse très claire.
Depuis, quand je me regarde avant un rendez-vous, j’essaie de me voir avec ses yeux à lui plutôt qu’avec les miens, pleins de jugements. Je me regarde comme quelqu’un qui va me découvrir ce soir, qui aura le souffle un peu court au moment de descendre ma fermeture éclair et qui aura envie de me toucher bien avant que la robe soit par terre. Ça paraît tout bête, mais ça change complètement ma façon de me tenir devant la glace.
Cette lingerie noire, sur la photo, je ne l’ai pas choisie pour cacher quoi que ce soit. Je l’ai choisie parce qu’elle dessine ce que j’aime chez moi : la courbe de mes hanches, ma taille bien marquée, la naissance de ma poitrine que le balconnet remonte juste ce qu’il faut. Par-dessus, je mets une robe noire toute simple, droite, presque sage, et c’est précisément ce contraste qui me plaît. Pendant tout le dîner, je suis la seule à savoir ce qu’il y a dessous, et lui ne le sait pas encore.
Les chaussures, je les mets en dernier, assise au bord du lit. Ce soir-là, c’étaient des sandales noires à talons fins, avec une petite bride autour de la cheville, et j’avais refait la veille le vernis rouge de mes orteils. Une fois debout, je ne marche plus de la même façon : les talons me cambrent, la robe se tend un peu sur mes fesses, et je le sens à chaque pas en descendant la rue jusqu’au métro. Les hommes qu’on croise le sentent aussi, apparemment.
Parce que la vérité, c’est que quand je me sens désirable, je le deviens. Ce n’est pas la fermeté de mes fesses ni la symétrie de ma poitrine qui font tourner les têtes en terrasse, c’est l’énergie que je dégage quand je suis bien dans mon corps. Un homme ne vous déshabille pas avec une règle graduée à la main, il vous déshabille parce que vous avez l’air d’en avoir envie.
Il y a quelques mois, j’en ai eu la confirmation dans l’entrée d’un appartement, à Ouchy. L’homme avec qui j’avais dîné n’a même pas pris le temps d’allumer la lumière : il m’a adossée doucement contre la porte, il a cherché la fermeture de ma robe dans mon dos et l’a descendue d’un seul geste. La robe a glissé jusqu’à mes chevilles, et je me suis retrouvée devant lui en talons et en dentelle rouge, celle que j’avais achetée exprès pour ce soir-là.
Il s’est arrêté net. Il a reculé d’un pas pour me regarder lentement, des épaules jusqu’aux chevilles, puis il a simplement dit « wow ». Ensuite, il a relevé les yeux vers les miens et il a ajouté, beaucoup plus bas : « Tu es magnifique. » Pas « tu as un beau corps », pas « tu es sexy », mais magnifique, moi tout entière. J’en ai encore des frissons en l’écrivant, et pour la petite histoire, ma robe a passé la nuit par terre dans son entrée, à côté de mes talons.
Alors oui, il y a encore des soirs de doute, des soirs où je me trouve moyenne et où j’aimerais changer des choses. Dans ces cas-là, je respire un grand coup, je me regarde dans les yeux plutôt que de détailler mes hanches, et je me répète la même phrase : ce soir, un homme va avoir la chance de me découvrir, et moi, je vais avoir la chance d’en profiter.
Le soir de la photo, j’ai enfilé ma robe, j’ai bouclé mes sandales, j’ai mis Clara dehors avec ses commentaires et j’ai éteint la lumière de la chambre. Je ne vous dirai pas comment la soirée s’est terminée. Je vous dirai seulement que je suis rentrée le lendemain matin avec sa chemise sur le dos et ma robe roulée en boule dans mon sac, parce qu’elle n’était plus vraiment présentable.
Voilà ce que je vois dans le miroir, maintenant : pas une liste de défauts, mais une femme qui a rendez-vous. Et si un homme passe la soirée à chercher mes vergetures, c’est qu’il n’a vraiment rien compris au programme.
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Et vous ?
Ce que j’en retiens
- L’homme en face ne cherche pas vos défauts : il est surtout content que vous soyez là et que vous ayez envie de lui.
- Choisissez une lingerie qui met en valeur ce que vous aimez chez vous, pas une tenue qui cache ce que vous n’aimez pas.
- Avant de partir, regardez-vous dans les yeux plutôt que de détailler vos hanches : l’assurance se voit plus qu’une silhouette parfaite.
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