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Histoire vraie · Nº 07

Deux mois de messages, puis une nuit sans dormir

Par Léna, 36 ans, Lausanne·Lecture 7 min

Sur cette photo, vous me voyez de dos, assise devant mon ordinateur portable, dans un haut en dentelle noire qui laisse deviner toute la ligne de mon dos. C'est exactement dans cette position que j'ai passé deux mois de soirées à écrire à un homme que je n'avais jamais vu. Ce haut, je le mets quand j'ai envie de me sentir désirable, même quand personne ne me regarde, parce que chez moi, la séduction commence par soi-même. Et cette histoire-là a vraiment commencé devant cet écran.

On avait matché sur C-Date. Son profil m'avait intriguée : Londonien, dans la finance, souvent en déplacement en Europe. Sur sa photo, un homme de la fin de la trentaine, la mâchoire carrée, une chemise blanche ouverte au col et un sourire malin, comme s'il savait déjà quelque chose que vous ignoriez. Son premier message était drôle et intelligent, sans aucune phrase de drague bête, et il était en anglais, ce qui m'a obligée pendant deux mois à chercher des mots que ma prof d'anglais du gymnase ne m'avait jamais appris.

On s'est mis à s'écrire tous les jours, de petits messages dans la journée et de longues conversations le soir. Il me racontait son travail, ses voyages, sa vision des relations, et moi mon métier de testeuse de sites de rencontre et ma vie en Suisse. Au bout de deux semaines, les messages ont changé de ton. Ils sont devenus plus personnels, plus intimes : il me disait ce qui l'attirait chez moi, je lui répondais ce qui me plaisait chez lui, et la tension montait d'un cran à chaque notification.

Un soir, il m'a écrit qu'il aimerait pouvoir me toucher, là, tout de suite. Je lui ai demandé par où il commencerait. Il a répondu « par tes chevilles », puis il m'a expliqué, avec une précision qui m'a fait croiser les jambes sous mon bureau, comment il remonterait à partir de là. Depuis ce soir-là, nos conversations ont pris un tour très sensuel. On se décrivait ce qu'on ferait si on était ensemble, et j'étais assise là, à ce bureau, dans ce haut en dentelle noire, à lui écrire des choses que je n'avais jamais écrites à personne.

Ça a duré deux mois, tous les soirs. Je lui avais décrit mes jambes, mes fesses que je trouve trop rondes et qu'il trouvait parfaites sur les deux photos que je lui avais envoyées, et même un ensemble de lingerie rouge acheté sur un coup de tête et jamais porté. L'attente devenait presque insupportable. On ne s'était même pas appelés une seule fois, je ne connaissais pas le son de sa voix, et pourtant le lien semblait tellement réel.

Début décembre, il m'a annoncé qu'il venait à Genève la semaine suivante pour des rendez-vous d'affaires, et il m'a demandé si je pouvais me libérer le jeudi soir. Mon cœur a failli s'arrêter. Je lui ai répondu oui, un seul mot, après deux mois de pages entières. La semaine jusqu'au jeudi a été interminable : on continuait à s'écrire, mais en sachant cette fois qu'on allait se voir, et chaque message avait un goût de compte à rebours.

Le jeudi, je me suis préparée avec un soin que je n'accorde pas à grand-chose. J'ai choisi une robe noire ajustée qui s'arrête aux genoux mais qui est fendue sur le côté, des escarpins noirs à talons fins et, dessous, l'ensemble rouge, celui dont je lui avais parlé. Je me suis maquillée, parfumée, et mes mains tremblaient tellement que j'ai dû recommencer mon trait d'eye-liner deux fois. Dans le train pour Genève, mon manteau boutonné jusqu'en haut, j'avais l'impression que tout le wagon savait ce que je portais dessous.

On avait rendez-vous au bar de son hôtel, un de ces grands hôtels qui donnent sur la rade. Quand je suis arrivée, il était déjà assis, et il s'est levé en me voyant. Il était encore plus séduisant que sur ses photos, plus grand aussi, dans un costume bleu nuit parfaitement ajusté aux épaules, avec un regard qui ne lâchait pas le mien. Il a dit mon prénom, et pour la première fois, j'ai entendu sa voix, grave, avec cet accent anglais qui rendait mon prénom bien plus intéressant. On s'est serré la main, ce qui était presque comique après tout ce qu'on s'était écrit, sauf qu'il a gardé la mienne une seconde de trop et que je l'ai sentie jusque dans mon ventre.

On s'est assis, on a commandé, et la conversation était tendue. Après deux mois de messages aussi intimes, parler de la météo et de son vol devient presque impossible, et on savait tous les deux ce qu'on voulait. Sous la table, j'ai laissé glisser mon escarpin et j'ai effleuré sa cheville avec mon pied, comme par hasard. Au bout d'un quart d'heure, il a posé son verre et m'a dit qu'il avait une chambre au dernier étage, en me demandant si je voulais monter. Je n'ai même pas répondu, j'ai simplement hoché la tête.

Dans l'ascenseur, on avait du mal à se retenir, et un couple de retraités nous a tenu compagnie jusqu'au quatrième étage en parlant de leur croisière. Dès qu'ils sont sortis, sa main s'est posée sur ma hanche, la mienne sur son bras, et le reste de la montée a semblé durer une éternité. Quand la porte de la chambre s'est enfin refermée, on s'est embrassés comme si deux mois de tension explosaient d'un coup. C'était intense, presque désespéré, on voulait tout en même temps.

Et puis il s'est souvenu de ce qu'il m'avait écrit. Il m'a assise au bord du lit, il s'est mis à genoux sur la moquette et il m'a enlevé mes escarpins l'un après l'autre, très lentement, en gardant mon pied dans sa main. Ses doigts ont fait le tour de ma cheville, exactement comme dans ses messages, puis ils sont remontés le long de mon mollet jusqu'à la fente de ma robe. Il savait déjà ce qu'il allait trouver dessous, puisque je le lui avais décrit, et quand il l'a vu pour de vrai, il a juste dit « red », d'une voix pas tout à fait stable.

Ce qui s'est passé ensuite, je ne peux pas tout vous le raconter, mais c'était tout ce qu'on s'était écrit, et plus encore. Chaque fantasme qu'on avait partagé est devenu réalité, dans l'ordre et parfois dans le désordre. Son corps était exactement comme je l'avais imaginé, ses épaules surtout, et ses mains étaient encore meilleures que dans ses messages. On n'a pas dormi de la nuit : on a parlé, ri, on s'est embrassés, et le reste, encore et encore, comme si on avait deux mois à rattraper en une seule nuit. Vers six heures, quand la rade a commencé à pâlir derrière les rideaux, j'avais perdu une boucle d'oreille, la moitié de ma voix et toute notion du temps.

Le matin, il m'a apporté un café au lit, et on a pris le petit-déjeuner ensemble, enroulés dans les draps de l'hôtel et rien d'autre. C'était étrangement intime pour deux personnes qui, techniquement, venaient tout juste de se rencontrer. Puis il a dû partir à sa réunion, rasé de près et impeccable dans son costume, comme si de rien n'était. Moi, j'ai repris le train pour Lausanne vers neuf heures, dans ma robe de la veille, mes escarpins à la main jusqu'au quai, et je me suis endormie avant Nyon avec un sourire que le contrôleur a dû trouver suspect.

On s'est revus quelques fois quand il repassait par Genève, mais ça n'a jamais été aussi intense que cette première nuit. Je crois que c'était justement l'attente, la tension et le fantasme qui l'avaient rendue si spéciale. Aujourd'hui encore, quand je m'assieds devant mon ordinateur dans ce haut en dentelle, je repense parfois à ces deux mois de messages, et à la façon dont des mots tapés sur un écran ont fini par devenir une vraie nuit d'hôtel.

Moralité : deux mois d'écriture, c'est long, mais ça vaut largement la peine. Et quand vous demandez à un homme par où il commencerait, écoutez bien sa réponse, parce qu'il risque de s'en souvenir.

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Et vous ?

Ce que j’en retiens

  • Écrire longtemps avant de se voir crée une tension incroyable, mais fixez une date un jour : l’attente ne doit pas devenir une fin en soi.
  • Un premier rendez-vous au bar de son hôtel reste un lieu public : vous êtes libre de monter, ou de reprendre votre manteau et votre train.
  • Ne comparez pas les nuits suivantes à la première : la magie venait surtout de l’attente, et c’est très bien comme ça.
Léna

À propos de l'autrice

Léna Rencontre Suisse

Testeuse certifiée de plateformes de rencontre

Je suis Léna, 36 ans, célibataire par choix depuis deux ans. Et je dois vous avouer que pour une femme comme moi, qui assume ses envies sans vouloir se lancer dans une relation sérieuse, il n'a pas toujours été simple de trouver des rencontres de qualité. Entre les sites mal conçus, les profils peu sérieux et les hommes qui promettent du casual mais cherchent finalement autre chose, j'ai dû apprendre à m'orienter dans cet univers.

Aujourd'hui, après avoir testé de nombreuses plateformes et fait quelques rencontres, j'ai l'expérience nécessaire pour aider les femmes (et les hommes) qui cherchent du plaisir sans complications. J'ai décidé d'ouvrir ce blog pour partager mes expériences et mes conseils, et surtout pour dire les choses sans filtre. Chaque article de ce blog est écrit par moi, avec mon expérience personnelle et mon regard honnête sur le monde des rencontres.

Si mes conseils vous plaisent, partagez-les autour de vous, et si vous avez une question, écrivez-moi ! 😘