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Histoire vraie · Nº 08

Pourquoi je dégrafe toujours mon soutien-gorge moi-même

Par Léna, 36 ans, Lausanne·Lecture 6 min

Sur cette photo, je suis de dos, en combinaison noire, les deux mains posées sur l'attache de mon soutien-gorge, au moment précis où je vais le dégrafer. Ce n'est pas une pose pour faire joli : c'est un geste que je fais à chaque fois que je me retrouve dans une chambre avec un homme, juste quand la soirée bascule. Si je m'en charge moi-même, systématiquement, c'est qu'il y a une raison, et elle tient en quelques petites agrafes.

Il faut d'abord que je vous avoue une chose : j'adore la lingerie. J'y mets un budget que je n'oserais pas montrer à mon conseiller bancaire, je choisis chaque pièce avec soin dans une petite boutique du centre de Lausanne où la vendeuse me tutoie depuis des années, et j'aime me sentir belle dedans, même un mardi soir où personne ne la verra. Dentelle noire, satin bordeaux, une parure vert sapin qui m'a coûté plus cher que mes bottes d'hiver : quand je la porte, je me tiens autrement, les épaules en arrière et la poitrine un peu plus fière.

Alors quand arrive le moment où les choses deviennent sérieuses, je n'ai aucune envie qu'un homme passe trois minutes à se battre avec mon soutien-gorge. Vous connaissez forcément ce moment gênant : il essaie, ça ne cède pas, il insiste, il souffle, il finit par tirer dessus comme sur un bocal de cornichons, et l'ambiance retombe d'un coup. Je me souviens d'un homme, à Fribourg, qui m'a demandé au bout d'un long moment s'il y avait « un code ». J'ai éclaté de rire, lui beaucoup moins, et la soirée ne s'en est jamais vraiment remise.

Depuis, je coupe court. Quand je sens ses doigts arriver dans mon dos, je me retourne et je dégrafe moi-même, lentement, une agrafe après l'autre. Je laisse les bretelles glisser le long de mes bras, je retiens le soutien-gorge contre moi une seconde avec l'avant-bras, puis je le laisse tomber par terre et je me retourne vers lui.

Le truc, c'est que ça crée un moment, un vrai. Ce qui aurait pu rester un petit problème technique et agaçant devient la chose la plus sensuelle de la soirée, et c'est moi qui donne le rythme. Je vois son regard changer à l'instant où le tissu touche le sol : il arrête de chercher quoi faire de ses mains et il se contente de regarder. Je ne connais pas beaucoup de sensations plus grisantes que celle-là.

La première fois que je l'ai fait consciemment, c'était il y a deux ans. J'avais rencontré sur C-Date un prof de sport de 41 ans qui vivait à Vevey, avec des épaules qui remplissaient l'encadrement des portes et un rire un peu trop fort qui m'avait plu tout de suite. Après un deuxième verre sur les quais, il m'avait proposé de monter chez lui, dans un appartement sous les toits avec une vue sur le lac à couper le souffle. Ce soir-là, je portais une robe portefeuille vert émeraude nouée à la taille, et dessous un ensemble en dentelle noire tout neuf, avec un soutien-gorge à trois agrafes. J'avais laissé mes sandales à talons dans l'entrée, et sur son parquet, sans mes talons, je lui arrivais à peine au menton.

On s'embrassait debout au milieu du salon. Il avait défait le nœud de ma robe sans la moindre hésitation, elle s'était ouverte et avait glissé de mes épaules, et j'avais vu passer dans ses yeux quelque chose de très satisfaisant. Puis ses mains sont arrivées dans mon dos, sur l'attache. La première agrafe a cédé, la deuxième a résisté, la troisième n'a rien voulu savoir, et j'ai senti sa respiration changer : on était passés du désir à la concentration. Alors j'ai posé ma main sur la sienne et je lui ai dit « attends ».

Je me suis tournée vers la baie vitrée, face aux lumières du lac, et je l'ai dégrafé moi-même, sans me presser. J'ai laissé descendre les bretelles, j'ai attendu une seconde, puis je l'ai laissé tomber sur le parquet, juste à côté de mes pieds, avant de me retourner vers lui.

Son regard, bon sang, son regard. Il était figé, les mains encore à moitié en l'air, et il n'a rien dit pendant un long moment. Il m'a avoué plus tard que c'était l'un des moments les plus sexy qu'il ait jamais vécus, simplement parce que j'avais pris en main ce petit geste au lieu de le subir. Je ne vous raconte pas la suite. Je vous dirai seulement que je suis repartie le lendemain vers midi, la robe froissée et les sandales à la main parce que je ne tenais plus dessus, et sans mon soutien-gorge, qu'on n'avait pas réussi à retrouver. Il me l'a renvoyé une semaine plus tard dans une enveloppe, avec un petit mot : « Trouvé sous le canapé. Je n'ai pas touché aux agrafes. »

Depuis, je le fais à chaque fois, même avec des hommes qui sauraient très bien s'y prendre. J'en ai connu un, à Genève, qui dégrafait d'une seule main avec une dextérité franchement suspecte, et je l'ai quand même arrêté. C'est devenu mon truc, ma façon de marquer le passage entre « on s'embrasse encore habillés » et « là, on va vraiment se toucher ». Ça dure dix secondes, pas plus, mais tout le reste de la soirée en dépend.

Il y a aussi autre chose dans ce geste : il montre que je sais ce que je veux et que je suis bien dans mon corps. Je n'ai pas un corps de mannequin, j'ai des hanches, des fesses bien rondes et un petit ventre qui s'arrondit à chaque saison de fondue, et justement, me déshabiller moi-même devant quelqu'un, en le regardant dans les yeux, c'est ma façon de dire que tout ça me va très bien. Et franchement, les hommes adorent ça.

Pas tous, bien sûr. Certains veulent tout contrôler, et le geste les vexe. Un soir, l'un d'eux a repoussé ma main en disant « laisse, je m'en occupe », et le reste de la nuit a ressemblé à sa bataille avec mes agrafes : beaucoup d'efforts, beaucoup de bruit et assez peu de résultats. Ceux-là, en général, ne sont pas les meilleurs au lit.

Les meilleurs, ce sont ceux qui aiment me regarder, qui apprécient que je sois active et que je participe, et qui ont compris que ça se vit à deux, pas seulement eux qui font des choses avec moi. Curieusement, ce sont aussi ceux avec qui je me réveille le lendemain avec les jambes en coton et l'envie de rester au lit jusqu'à midi.

Alors oui, dégrafer mon soutien-gorge moi-même est devenu un peu ma signature, un petit rituel qui lance vraiment les choses. Un conseil pratique au passage : ce soir-là, choisissez un modèle qui s'ouvre facilement, parce que le geste ne fonctionne que s'il est fluide. Le jour où c'est moi qui ai galéré avec un corset à douze crochets, croyez-moi, l'effet était nettement moins réussi.

Voilà, c'était mon petit secret du jour. Essayez, mesdames, vous verrez la différence. Et vous, messieurs, si une femme pose la main sur la vôtre en vous disant « attends », surtout ne vous vexez pas : reculez d'un pas et regardez.

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Et vous ?

Ce que j’en retiens

  • Si une agrafe résiste, mieux vaut en rire et passer la main que s’acharner trois minutes : l’ambiance ne s’en remet pas.
  • Prendre en main un petit geste, c’est donner le rythme de toute la soirée, et ça se lit tout de suite dans son regard.
  • Les hommes qui aiment regarder sont souvent ceux qui savent aussi prendre leur temps ensuite.
Léna

À propos de l'autrice

Léna Rencontre Suisse

Testeuse certifiée de plateformes de rencontre

Je suis Léna, 36 ans, célibataire par choix depuis deux ans. Et je dois vous avouer que pour une femme comme moi, qui assume ses envies sans vouloir se lancer dans une relation sérieuse, il n'a pas toujours été simple de trouver des rencontres de qualité. Entre les sites mal conçus, les profils peu sérieux et les hommes qui promettent du casual mais cherchent finalement autre chose, j'ai dû apprendre à m'orienter dans cet univers.

Aujourd'hui, après avoir testé de nombreuses plateformes et fait quelques rencontres, j'ai l'expérience nécessaire pour aider les femmes (et les hommes) qui cherchent du plaisir sans complications. J'ai décidé d'ouvrir ce blog pour partager mes expériences et mes conseils, et surtout pour dire les choses sans filtre. Chaque article de ce blog est écrit par moi, avec mon expérience personnelle et mon regard honnête sur le monde des rencontres.

Si mes conseils vous plaisent, partagez-les autour de vous, et si vous avez une question, écrivez-moi ! 😘