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Histoire vraie · Nº 06

Le colocataire de mon amie, et Sophie qui dormait à côté

Par Léna, 36 ans, Lausanne·Lecture 7 min

Sur cette photo, je suis de dos sous une douche à l'italienne, les cheveux mouillés plaqués dans le dos et l'eau qui me coule le long des reins. C'est exactement comme ça que je me sentais un samedi matin de septembre, debout sous l'eau chaude, dans la salle de bain d'un homme que je connaissais depuis à peine douze heures, à essayer de réaliser ce qui venait de se passer. Le plus drôle, c'est que mon amie Sophie dormait à deux portes de là et qu'elle n'en savait encore rien. Laissez-moi tout vous raconter depuis le début.

C'était à la mi-septembre. Sophie, une amie de longue date, m'avait invitée à une petite soirée dans son appartement de Lausanne : rien de grandiose, une dizaine de personnes, du vin et de la musique. Depuis trois mois, elle partageait cet appartement avec un nouveau colocataire, Mathieu, 34 ans, graphiste, dont elle m'avait seulement dit qu'il était « très propre et très calme ». Pour l'occasion, j'avais mis une robe portefeuille vert bouteille, nouée sur la hanche, qui ne tient que par un seul nœud et qui le sait très bien, avec des sandales à talons fins dont les lanières s'enroulaient autour de mes chevilles.

C'est lui qui m'a ouvert la porte. Grand, les cheveux bruns coupés court, une barbe de quelques jours, une chemise en lin à moitié ouverte et les avant-bras de quelqu'un qui porte du matériel photo toute la journée. Il m'a dit que je devais être Léna et que Sophie lui avait beaucoup parlé de moi. Quand je lui ai demandé si c'était en bien, il a répondu « la plupart du temps » en riant. Comme dans la moitié des appartements de Suisse, on laissait ses chaussures à l'entrée, alors j'ai défait mes lanières en équilibre sur un pied, en me tenant à son épaule parce que c'était la plus proche.

La soirée était détendue, la playlist bonne et le vin coulait. J'ai discuté avec plein de monde, mais je revenais toujours vers Mathieu, sans trop savoir comment. Il m'a parlé de ses projets, de ses voyages en Amérique du Sud et de sa passion pour la photo argentique, et on a refait le monde sur la musique, l'art et la vie à Lausanne. L'alchimie était là tout de suite. À un moment, assise sur l'accoudoir du canapé, j'ai vu qu'il regardait mes pieds, avec mes ongles vernis de rouge que je croyais avoir faits pour personne, et il a vu que je l'avais vu.

Vers minuit, les gens ont commencé à partir. Sophie, qui avait pas mal bu, nous a fait un bisou approximatif à chacun et elle est allée se coucher. D'un coup, il ne restait plus que Mathieu et moi au salon, au milieu des bouteilles vides, avec la musique en sourdine. Je lui ai proposé de l'aider à ranger, il m'a répondu qu'on ferait ça demain et m'a demandé si je voulais encore un peu de vin. J'ai dit pourquoi pas, et il a ouvert une nouvelle bouteille.

On s'est installés sur le canapé, moi les jambes repliées sous moi, avec ma robe qui s'ouvrait un peu plus sur ma cuisse chaque fois que je bougeais et que je ne refermais pas. La conversation est devenue plus personnelle. Il m'a parlé de sa dernière relation, terminée six mois plus tôt, et moi de mon métier de testeuse de sites de rencontre. Il a éclaté de rire en disant que c'était le métier le plus intéressant dont il ait jamais entendu parler, et je lui ai répondu qu'il avait ses bons moments.

Il m'a regardée avec des yeux tout à coup beaucoup plus sérieux, et il m'a demandé si j'étais en train de tester, là. J'ai répondu peut-être. Il s'est rapproché et a voulu savoir comment il s'en sortait. Je lui ai dit que pour l'instant, c'était plutôt bien, et il m'a embrassée, doucement d'abord, puis beaucoup moins doucement. Sa main s'est posée sur ma taille, juste au-dessus du nœud de ma robe, et la mienne a trouvé sa nuque.

Au bout d'un moment, il s'est reculé de quelques centimètres en chuchotant que Sophie dormait juste à côté et qu'on devrait peut-être... J'ai fini sa phrase à sa place en proposant d'aller dans sa chambre. Il a souri et m'a dit que c'était exactement ce qu'il allait dire.

Sa chambre était au bout du couloir, avec des affiches aux murs, des vinyles partout et un lit dans un coin, sous une étagère où traînaient trois vieux appareils photo. Dès que la porte s'est refermée, on s'est embrassés de nouveau, plus fort cette fois. Il a trouvé le nœud de ma robe en deux secondes, ce qui m'a presque vexée pour elle, et elle a glissé d'un coup sur le parquet. Dessous, je portais un ensemble en dentelle noire que j'avais mis « au cas où », sans y croire une seconde. Il a pris le temps de le regarder, longtemps, avant de s'en occuper.

Je ne vais pas vous raconter la suite en détail. C'était bien, très bien même : il était tendre et passionné à la fois, avec des mains de quelqu'un qui passe ses journées à faire la mise au point au millimètre près. Le plus difficile, c'était de rester discrets à cause de Sophie. Son lit grinçait au moindre mouvement, alors on a tiré la couette par terre, et j'ai passé une bonne partie de la nuit à mordre son épaule pour ne pas réveiller tout l'immeuble. Ce qui, je vous l'assure, ne rendait pas les choses moins intenses, bien au contraire.

Après, on est restés allongés côte à côte sur cette couette, la peau moite et le souffle court. Il m'a pris la main et m'a dit que c'était inattendu. Je lui ai demandé si c'était inattendu dans le bon sens, et il m'a répondu : dans le très bon sens. On a fini par s'endormir là, par terre, comme deux adolescents qui ont fait le mur.

Le matin, je me suis réveillée la première, avec la marque des lattes du parquet sur la hanche et des cuisses qui me rappelaient chaque heure de la nuit. Il dormait encore. Je me suis levée sans bruit et je suis allée prendre une douche dans sa salle de bain, sous cette fameuse douche à l'italienne. L'eau était chaude, apaisante, et en sortant, j'ai découvert dans le miroir une rougeur de barbe dans mon cou, puis une autre un peu plus bas. Je n'arrivais pas à m'arrêter de sourire.

Quand je suis sortie, enroulée dans sa serviette, il était réveillé et m'a proposé un café. On a pris le petit-déjeuner ensemble dans la cuisine, à voix basse, moi dans sa chemise en lin de la veille, avant que Sophie se réveille. Quand elle a fini par émerger vers onze heures, les cheveux en pétard, j'avais remis ma robe et on rangeait les bouteilles du salon comme deux bénévoles modèles. Elle n'a rien remarqué, ou elle a fait semblant, alors que mes sandales étaient la seule paire encore alignée dans l'entrée.

Mathieu et moi, on s'est revus quelques fois après cette nuit-là, toujours chez lui et toujours discrètement, ce qui voulait dire pas mal de couettes tirées par terre et quelques épaules mordues. C'était une belle aventure, simple et intense. Au bout de deux mois, ça s'est éteint tout seul, sans drame : c'était juste fini, et on le savait tous les deux.

Je le croise encore parfois quand je rends visite à Sophie. On se sourit, on se dit bonjour, et c'est très bien comme ça, parce que certaines histoires n'ont pas besoin de durer éternellement. Et quand Sophie me demande pourquoi je souris toute seule en enlevant mes chaussures dans son entrée, je lui réponds que j'aime beaucoup son parquet.

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Et vous ?

Ce que j’en retiens

  • Les meilleures rencontres ne passent pas toujours par une appli : une soirée chez des amis, c’est un terrain où l’on se sent déjà en confiance.
  • Quand il s’agit de l’entourage d’une amie, restez discrets et sans drame : c’est ce qui permet de se recroiser ensuite en se souriant.
  • Une histoire courte n’est pas une histoire ratée : deux mois simples et intenses valent mieux qu’une relation qu’on force.
Léna

À propos de l'autrice

Léna Rencontre Suisse

Testeuse certifiée de plateformes de rencontre

Je suis Léna, 36 ans, célibataire par choix depuis deux ans. Et je dois vous avouer que pour une femme comme moi, qui assume ses envies sans vouloir se lancer dans une relation sérieuse, il n'a pas toujours été simple de trouver des rencontres de qualité. Entre les sites mal conçus, les profils peu sérieux et les hommes qui promettent du casual mais cherchent finalement autre chose, j'ai dû apprendre à m'orienter dans cet univers.

Aujourd'hui, après avoir testé de nombreuses plateformes et fait quelques rencontres, j'ai l'expérience nécessaire pour aider les femmes (et les hommes) qui cherchent du plaisir sans complications. J'ai décidé d'ouvrir ce blog pour partager mes expériences et mes conseils, et surtout pour dire les choses sans filtre. Chaque article de ce blog est écrit par moi, avec mon expérience personnelle et mon regard honnête sur le monde des rencontres.

Si mes conseils vous plaisent, partagez-les autour de vous, et si vous avez une question, écrivez-moi ! 😘