Histoire vraie · Nº 09
L'architecte aux mains habiles et sa suite face au lac
📖 Histoire vraie, vécue et racontée par moi. Les prénoms et quelques détails sont changés, pour la discrétion de tout le monde.
En deux mots
Un architecte de C-Date m'a donné rendez-vous dans un bar d'hôtel à Ouchy, avec une seule consigne : commander un Negroni. Vingt minutes plus tard, on montait dans sa suite, et ses mains étaient encore plus habiles que je ne l'imaginais. Le lendemain, j'avais leur marque sur les hanches et j'ai sauté ma séance d'abdos sans remords.
- LuiAlexandre, architecte de 42 ans, costume gris et mains de dessinateur
- MoiRobe noire moulante, dentelle bordeaux et escarpins à talons fins
- OùUn bar d'hôtel à Ouchy, puis sa suite au cinquième
- Le lendemainDix doigts marqués sur les hanches et séance d'abdos annulée
- Température🔥🔥🔥
Sur cette photo, je suis allongée sur mon tapis de sport violet, un haltère dans chaque main, et je vous assure que je souffle beaucoup plus fort que ce que l'image laisse croire. Je fais ma séance trois fois par semaine dans mon salon, abdos et petits haltères, un peu pour la santé et surtout pour me sentir bien dans ma peau et plaire aux hommes qui m'intéressent. Soyons honnêtes : quand on s'inscrit sur C-Date, c'est pour séduire. Et cette photo résume assez bien l'état d'esprit dans lequel j'étais la semaine où j'ai rencontré l'homme dont je vais vous parler aujourd'hui, un architecte qui avait les mains les plus habiles que j'aie jamais croisées.
Appelons-le Alexandre. Ce n'est évidemment pas son vrai prénom, mais vous comprendrez que je protège un peu son anonymat. Je faisais défiler les profils un mercredi soir, sur mon canapé, quand le sien m'a arrêtée : pas de torse huilé, pas de selfie dans la salle de bain, juste une photo sobre, de profil, en costume. Architecte, 42 ans, installé à Lausanne. Son premier message était d'une franchise désarmante, sans « salut, ça va ? » ni rien du genre : il m'invitait le lendemain soir au bar d'un grand hôtel d'Ouchy, avec une seule consigne, « quand tu arrives, commande un Negroni ».
J'ai souri en le lisant. C'était culotté, mais j'aime les hommes qui savent ce qu'ils veulent, et j'ai répondu oui avant même d'avoir fini mon thé.
Le jeudi, je me suis préparée avec soin. J'ai enfilé une robe noire assez moulante, fermée dans le dos par une longue fermeture éclair, qui épouse les hanches et que mes séances d'abdos rendent un peu plus flatteuse au niveau du ventre. Dessous, j'avais mis un ensemble en dentelle bordeaux, au cas où, et aux pieds des escarpins noirs à talons fins, choisis parce qu'ils allongent la jambe et pas du tout pour leur confort. En arrivant, j'étais un peu nerveuse. L'endroit était vraiment élégant, avec des boiseries sombres, une lumière tamisée et des fauteuils en cuir où l'on parle à voix basse. Je me suis assise au comptoir et j'ai commandé le cocktail. Il était amer, ce que d'habitude je n'aime pas trop, mais je l'ai bu quand même.
Il est arrivé avec un quart d'heure de retard. Grand, les cheveux courts, un costume gris parfaitement coupé qui tombait juste sur des épaules larges. Quand il s'est assis à côté de moi, j'ai senti son parfum, quelque chose de boisé et de discret. Il s'est excusé, un client au téléphone qui ne voulait pas raccrocher, puis il m'a regardée longuement et m'a dit que j'étais encore plus belle que sur mes photos. C'est là que j'ai remarqué ses mains, posées sur le comptoir : grandes, soignées, avec les doigts longs de quelqu'un qui dessine toute la journée.
On a discuté, enfin, discuter est un grand mot. On a échangé quelques phrases, et surtout il me regardait beaucoup. Ses yeux descendaient vers mon décolleté, y prenaient leur temps, puis remontaient vers mon visage sans la moindre gêne. J'ai croisé les jambes et laissé mon escarpin se balancer tout près de son mollet. Je sentais mon cœur battre plus vite, et j'aimais énormément cette tension.
Au bout de vingt minutes, il s'est penché vers moi pour me dire qu'il avait une suite à l'étage. Il avait un rendez-vous d'affaires le lendemain matin, mais bon... Il n'a pas fini sa phrase, et il n'en avait pas besoin. J'ai hésité deux secondes, pas parce que je n'en avais pas envie, mais parce que je me demandais si c'était bien raisonnable de monter si vite. Puis je me suis dit que c'était exactement pour vivre ce genre de moments que j'étais sur C-Date.
Dans l'ascenseur, il m'a plaquée contre la paroi. Ses mains se sont posées sur ma taille, sa bouche dans mon cou, et j'ai senti son souffle chaud sur ma peau. Mon ventre s'est noué d'un coup, et quand les portes se sont ouvertes au cinquième étage, je n'avais plus du tout envie de parler.
La suite était immense, avec un lit gigantesque et une grande baie vitrée qui donnait sur le lac, les lumières d'Évian scintillant de l'autre côté de l'eau. Il a fermé la porte derrière nous et m'a attirée contre lui. Ses doigts ont trouvé la fermeture éclair de ma robe et l'ont descendue lentement, jusqu'au creux de mes reins, et le tissu a glissé jusqu'à mes pieds. Il a reculé d'un pas pour me regarder dans ma dentelle bordeaux et n'a dit qu'un seul mot : « Parfait. »
Ce qui m'a le plus impressionnée chez lui, ce sont ses mains. Grandes, précises, habiles. Il a dégrafé mon soutien-gorge du bout des doigts, sans chercher une seconde, en effleurant ma peau au passage, et chacun de ses gestes avait l'air calculé au millimètre, comme un plan qu'il aurait dessiné à l'avance. Il m'a fait asseoir au bord du lit et s'est agenouillé devant moi. Il m'a retiré un escarpin, puis l'autre, en gardant chaque fois mon pied un moment dans sa paume, le pouce sur ma cheville. Puis ses lèvres ont commencé à remonter, de ma cheville vers mon genou, puis bien au-delà, et j'ai fermé les yeux.
Je ne vais pas vous raconter la suite en détail. Je vous dirai seulement que ses mains n'étaient pas la seule chose habile chez lui, que j'ai dû me mordre la lèvre pour ne pas réveiller tout l'étage, et que je n'ai pas tenu bien longtemps. Ensuite, il s'est relevé et s'est déshabillé à son tour, sans se presser, avec un calme que j'ai trouvé presque insolent : un corps d'athlète, une cicatrice sur l'épaule, et la certitude tranquille de quelqu'un qui savait très bien l'effet qu'il me faisait.
On a changé de décor plusieurs fois au cours de la nuit. Le lendemain, j'avais sur les hanches la marque très nette de dix doigts d'architecte, et je me suis demandé si la femme de chambre remarquerait les empreintes de mes deux mains, bien à plat, sur la grande baie vitrée. Plus tard, on a fini sous la douche, et je ne vais pas vous mentir : à un moment, on a glissé tous les deux et on a failli s'étaler sur le carrelage. On a éclaté de rire, ça a un peu cassé l'intensité, et c'était très bien comme ça.
Vers deux heures du matin, on était allongés dans les draps en bataille. Il est allé fumer une cigarette à la fenêtre ouverte, sans rien sur le dos, et je l'ai regardé se découper de profil sur les lumières du lac. On a un peu parlé. Il m'a raconté qu'il voyageait beaucoup pour ses chantiers et qu'il n'avait pas de temps pour une relation sérieuse. Moi non plus, et ça tombait plutôt bien.
Je suis partie vers trois heures. Il m'a commandé un Uber et m'a embrassée une dernière fois dans le couloir, mes escarpins à la main, parce que je n'avais aucune intention de les remettre. Dans la voiture, j'étais encore étourdie et tout mon corps vibrait, et quand je suis descendue devant chez moi, mes jambes ont mis quelques secondes à comprendre qu'il fallait marcher.
On s'est revus deux fois ensuite, toujours dans le même hôtel et toujours avec la même intensité. Puis il est parti à l'étranger pour un projet, et on s'est perdus de vue, sans drame. C'était simplement une très jolie parenthèse.
Le lendemain de notre première nuit, j'ai sauté ma séance d'abdos sans le moindre remords : j'estimais l'avoir déjà faite. Et le Negroni, depuis, j'ai fini par l'aimer.
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Et vous ?
Ce que j’en retiens
- Un premier message direct et une proposition précise valent mieux que dix « salut, ça va ? » : ça trie tout de suite.
- Un bar d’hôtel élégant, c’est un premier rendez-vous public et rassurant, et rien ne vous oblige à monter si vous hésitez.
- Quand chacun dit clairement qu’il ne cherche rien de sérieux, la parenthèse reste jolie jusqu’au bout, sans drame.
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